Réfugiés Tibétains, espoir en exil

« Quand l’oiseau de fer volera et que les chevaux marcheront sur des roues, les Tibétains seront éparpillés comme des fourmis à travers le monde ; et le Dharma viendra, sur la terre de l’homme rouge. »

Plus de 150 000 Tibétains vivent en exil à travers le monde ; une diaspora dynamique, regroupée autour de leur chef spirituel, le Dalaï-Lama, revendique l’originalité de sa culture et rêve pour l’immense majorité de retourner dans son pays, occupé depuis plus de 40 ans par les Chinois.

Sous prétexte d’apporter éducation, culture, hygiène et accès à un monde économique extérieur, le gouvernement de Mao a envahi petit à petit, dés 1949, les différentes provinces composant le Tibet et ainsi le « libérer ». Mais de quoi ?

Le Tibet c’est :
1 200 000 morts sur une population de 7 millions, plus de 6 000 monastères détruits, 8 millions de Chinois pour 6 millions de Tibétains vivant dans la Province « Tibet autonome », l’Amdo et le Kham, les deux autres provinces ayant déjà été annexées par la Chine.

Terreur et amalgame
Deux ans après les évènements du 11 Septembre il faut se résoudre à cette évidence : la guerre contre le terrorisme islamiste n’a pas été gagnée et risque de durer encore longtemps.
Encouragés par l’exemple américain, de nombreuses puissances dont la Chine ont profité de l’aubaine pour faire légitimer leur répression sous couvert de lutte contre le terrorisme. Mais où sont les terroristes au Tibet ?
Au crédit de son compte d’exploitation intra-muros, la Chine inscrit une plus grande marge de manœuvre dans la répression des minorités environnantes : celle des Ouighours du Xinjiang à majorité musulmane ;
Celle des Bouddhistes tibétains du Tibet ; celle des Chrétiens du Nord-Est. Tous ces peuples revendiquent plus leur identité voire culturelle que leur indépendance.
Mais le gouvernement de Pékin n’entend rien. « La clé c’est tuanjie, l’union de toutes les nationalités » L’unité avant tout, quitte à éliminer ces minorités dites activistes.

Les transformations de la société et de l’économie chinoise réclament des réformes politiques. Il en va de la survie de la démocratie en Asie.
Le dialogue demandé par ses diverses minorités, la Chine le refuse. Au risque de perdre de sa pertinence internationale et sa première place en Asie.

40 ans d’exil
Nombreux sont les Tibétains quittant clandestinement leur pays dans l’espoir d’échapper au sort qui leur est réservé. Exemple de ces parents confiant leurs enfants à des petits groupes fuyant, prêts à affronter la barrière himalayenne pour être éduqués dans leur culture, en Inde en particulier, proche du Dalaï-lama.

Dans le sillage du Dalaï-lama, prix Nobel de la paix en 1989, un vaste réseau de soutien et d’aide s’est mis en place pour aider cette lutte non violente.
Création d’écoles où les cours sont dispensés en tibétain, développement de centre de santé traditionnel, préservation de la culture par la création de troupes de danses et théâtre tibétains.

Le développement de centres d'apprentissage tournés vers des métiers d'avenir et aussi la réflexion d'un statut juridique tibétain est autant d’exemples de la survie de la culture tibétaine en exil.


Les photos présentées ont été prises au camp de Choglamsar au Ladakh.